Islande 2013 : Jour 3

Jour 3 : Þórsmörk – Emstrur

Il fallait s’en douter, la grosse journée de la veille a été trop grosse. En ce second jour de trek, je vais en baver comme pas possible sur une étape pourtant pas trop grosse.

J’ai passé une nuit atroce, à transpirer dans mon sac de couchage à cause d’une bonne fièvre des familles et à délirer à moitié en dormant, la tempête de neige au col de Fimmvörðuháls aura laiss  des traces.

On traine un peu au réveil, puis petit déj dans le refuge avant de tracer. Premier objectif de la matinée : traverser la vallée et la rivière pour ensuite monter au sommet de Valahnukur pour avoir une bel aperçu de la vallée de Þórsmörk et alentour.

On trace la route vers Valahnukur

On trace la route vers Valahnukur

Un dernier coup d'oeil sur la vallée

Un dernier coup d’oeil sur la vallée

L'objectif de la matinée : Valahnukur

L’objectif de la matinée : Valahnukur

On marche tranquillement dans la vallée, en franchissant en chaussure de petites rivières, en cherchant où exactement traverser la Krossá, une rivière bien violente.  Heureusement pour nous, il y a un pont !

Le pont sur la Krossá

Le pont sur la Krossá

On franchit le monstre tranquillement, puis de l’autre coté, on arrive à un croisement. Je suggère de prendre à droite moins bien marqué, Jérôme préfère prendre la pente en face de nous et ne me laisse pas en placer une. Soit. Je suis fatigué et je tousse donc je le laisse faire. Je ne le sens pas trop, mais peut être que sur un malentendu, ça peut le faire !

On progresse dans des couches de cendres et de sable à flanc de montagne, le genre de marche ultra fatiguante ou le moindre appuie te renvoies un mètre plus bas. Mais tout ça pour rien. Au bout de 30 minutes on fait demi tour pour prendre l’autre chemin, bien tranquille, qui nous amène au refuge de Þórsmörk.

La vallée de la Krossá depuis notre flanc de montagne

La vallée de la Krossá depuis notre flanc de montagne

Vers le landmannalaugar

Vers le landmannalaugar (on est sur la bonne route :) )

Cette marche à flanc de montagne sur un sol meuble m’a bien crevé et à réveillé la fatigue accumulée la veille. On abandonne l’idée d’aller au sommet de Valahnukur et on commence donc notre vraie étape du jour.

Forêt à Þórsmörk

Forêt à Þórsmörk

Dès le premier relief monté, on s’arrête pour manger devant un panorama extraordinaire.

Y'a pire comme endroit pour manger non ?

Y’a pire comme endroit pour manger non ?

Après le repas, on pique un mini roupillon pour essayer de se remettre en forme, puis on remballe et on attaque la marche. Le trajet commence par une alternance entre forêt de bouleau nains et sommets des collines avec des arbustes. Ça monte, ça descend et ça va être comme ça toute la première moitié.

L'autre coté de la vallée

L’autre coté de la vallée

On fini par redescendre dans la vallée, où se présente à nous une rivière assez importante. Pas de doutes, c’est notre premier guet ! On se déchausse après avoir étudié où traverser facilement, et on se lance. 3°C, ça réveille ! Voila pour la traversée de la Markarfljót !

votre serviteur en mode traversée du guet

Votre serviteur en mode traversée du guet

On se trouve un endroit pas trop boueux, on se sèche, on se rechausse et un gros groupe arrive dans l’autre sens, persuadé qu’ils vont pouvoir traverser sans se déchausser. Ils finissent par traverser un peu tous à des endroits différents (presque à chaque fois, là où c’est le plus étroit, et donc le plus profond).

Traversée du groupe

Traversée du groupe

Juste après cette rivières, un bon relief à monter histoire de se réchauffer les mollets, et à redescendre aussitôt ! Heureusement, ça nous a donné l’occasion d’un petit panorama :

Panorama :)

Panorama :)

Avec cette succession de montée et de descente, je commence déjà à fatiguer. Pourtant le relief n’est pas non plus ultra difficile… C’est marrant, on est dans une sorte de steppe ici. On redescend dans la vallée suivante, on traverse un petit pont sous lequel coule une rivière en furie,  puis on aborde une zone plus sèche.

ça commence à devenir bien joli par ici

ça commence à devenir bien joli par ici

Jérôme trace la route, moi, je meurt à petit feu

Jérôme trace la route, moi, je meurt à petit feu

C'est sec par ici !

C’est sec par ici !

Une des montagnes les plus unique du trek :)

Une des montagnes les plus unique du trek :)

Zone sèche, avec un bon soleil qui nous tape sur la nuque. Je crois que c’est là que j’ai lâché l’affaire en fait … On est parti un peu léger en flotte, sans trop faire attention, et à cet endroit là, il ne nous restait plus que 500 mL à deux, sachant que je bois comme 2 sans faire de sport, alors en marchant toute la journée …

J’étais déjà claqué, mais cette situation m’a achevé. On a marché 1h comme ça, moi à mon rythme de tortue assoiffée avec une bronchite, faisant une pause pour boire une gorgée toute les 30 minutes. Heureusement, après cette portion sèche, on est tombé sur un ruisseau, on a donc pu faire le plein total en amont, avec une bonne eau presque transparente, et bien fraiche. 2L chacun environ, largement de quoi voir venir.

Ça m’a un peu remis d’aplomb, à défaut de me reposer, au moins, je ne meurs plus de soif. On reprend donc la route, une fois passé une succession de collines, Jérôme trouve par terre une claquette au milieu du chemin et la garde avec lui, au cas ou …

Bingo ! 30 minutes plus tard, 3 anglais, qui ont fait demi tour depuis Emstrur après avoir posé leur tente, viennent la chercher. L’heureux possesseur de cette claquette serre Jérôme dans ses bras, puis on parle rapidement avec eux. Ils nous annoncent encore 2h de marche jusqu’au refuge, je vais en chier !

L'unique photo de la vallée

L’unique photo de la vallée

On redescend dans une splendide vallée qu’il faut traverser en faisant un grand détour pour contourner le ravin qui court au milieu. Il n’y a que cette photo (juste au dessus) de la vallée, ce qui est signe de mon état à ce moment là : j’étais déjà vidé. Sur la photo, on voit en base à droite les anglais, et sur la gauche le canyon que l’on doit contourner. Dommage pour mon état de fatigue, car à postériori, elle est magnifique, mais je n’ai pas pu en profiter que je le souhaitais.

A mi distance dans la vallée, on se fait une pause gouter / café que je reprenne des forces pour finir la journée. On traverse ensuite un pont au milieu du ravin, qui surplombe un torrent fou. On comprend mieux pourquoi on est obligé de faire un détour dans la vallée. En tout cas, contenu de mon état, je ne fais pas trop le malin en franchissant le pont. Je ressors du ravin et j’attaque ensuite la grosse montée du jour.

Un pas après l’autre, je monte, j’avance à mon rythme. Je fini par m’en sortir mieux que ce que je pensais. Arrivé au sommet, une nouvelle vallée, plutôt plate, s’offre à nous. Jérôme, qui a passé sa journée à attendre le souffreteux que je suis, trace alors jusqu’au refuge, que l’on aperçoit au fond la vallée.

Pour moi, encore 30 minutes de marches pour mettre, ENFIN, un terme à cette après midi de calvaire. Je suis dans un état déplorable, le fait d’avoir doublé la veille et affronté la neige, m’a laissé bien plus de trace, et surtout une affreuse bronchite.

On installe nos tentes sur un terrain bien sableux, galère de faire tenir les piquets correctement, on est obligé de tout verrouiller avec des pierres. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de place, le camping est presque plein. Mais le pire, c’est sans doute ces odeurs de barbecues qui nous ont accueilli au refuge. Un groupe qui fait un voyage organisé, et qui est ravitaillé par 4×4 tous les soirs… Avec des odeurs comme ça, en plein trek, y’a de quoi se faire des ennemis !

Le refuge d'Emstrur

Le refuge d’Emstrur

L'endroit où on va camper, quand je parlais de sol meuble ...

L’endroit où on va camper, quand je parlais de sol meuble …

A coté de nous, Yannick et Marion, deux alsaciens qui ont commencé le trek depuis Thorsmork. On discute un peu avec eux, on fait connaissance, mais très rapidement, je vais me coucher dans l’espoir de récupérer un peu.

En fait je vais juste passer une nuit horrible …

Trace de la journée

Vous pouvez désormais trouver la trace sur wikiloc en cliquant ICI.

  • Longueur de l’itinéraire : 22 km
  • Denivelé positif cumulé : 1000 m
  • Denivelé négatif cumulé : 776 m
  • Altitude maxi : 511 m
  • Altitude mini : 206 m

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